"Nec Pluribus Impar" ("Mieux est en nous")
imprimer cette page
La 289ème promotion à Bourg-lastic

Date : mai 2007

 

«Nous étions filles et garçons venus de toutes les régions vers notre seule folie, nous voici Bourg-Lastic» Tel était l'air qui raisonnait dans nos têtes ce lundi 7 mai 2007 lorsque la colonne de véhicules transportant hommes et matériels franchissait les grilles de l'école de Montluçon pour mener la deuxième compagnie d'instruction vers un des moments forts de sa formation.
Depuis le 6 mars 2007, date d'incorporation de la compagnie, ces filles et garçons ont appris à se connaître et à vivre ensemble. Ils ont suivi les premiers cours qui vont faire d'eux des gendarmes compétents. Les bases du combat enseignées en amphithéâtre ont vu leur mise en application le 16, en ateliers découvertes et les 17 et 18 avril lors du JNJ (jour-nuit-jour) au camp d'entraînement du Méry non loin de l'école. Cette première nuit à l'extérieure, à la belle étoile, n'était qu'un avant goût de ce qui nous attendait à Bourg-Lastic.
Chacun avait dans l'esprit que cette semaine serait l'une des plus importante de notre formation avec en ligne de mire la marche topographique pour obtenir notre passant de la 289ème promotion mais aussi, pour ne pas dire surtout, l'examen pratique d'instruction tactique qui représente le plus gros coefficient dans notre bilan d'étape.
C'est sous une bruine légère et une température fraîche que nous nous levons ce lundi espérant silencieusement que le temps nous serait plus clément à Bourg-Lastic. 7Heures 30, le premier véhicule s'ébranle, entraînant avec lui le reste du convoi. Certains élèves gendarmes connaissaient pour la première fois les joies du voyage en TRM2000 par temps de pluie.Bourg-Lastic est implanté dans la campagne du Puy-de-Dôme. Le calme semble y régner en maître et le temps n'avait pas changé depuis le départ. Ce temps devait demeurer le même durant ce séjour. C'est avec une certaine philosophie que nous prenions conscience que la rusticité se faisait de plus en plus présente au fur et à mesure des heures et que cette humidité environnante n'était pas là pour nous réchauffer les coeurs. En revanche la camaraderie et la bonne volonté nous aideront grandement.

Se trouver au milieu d'un terrain d'exercice ne doit pas faire oublier certaines priorités. Nous honorons la mémoire de nos anciens le mardi, en cette date anniversaire du 8 mai 1945. Il est bon de se rappeler ce que nous ont apporté nos anciens et à quel prix. C'est en pensant à notre histoire que nous répétons maintes progressions en tâchant d'acquérir des automatismes précis suivant les divers incidents qui surgissent. Durant ces instructions, nous touchons du doigt les diverses missions dynamiques et statiques.
Ce mardi marqua aussi le moment le plus attendu de la compagnie : la marche du passant. Ces marches représentent beaucoup plus que l'on ne saurait l'imaginer pour les élèves-gendarmes. Pour certains, elles représentent «la mauvaise soirée à passer»; pour d'autres l'occasion de se prouver que l'on est capable de se dépasser et enfin pour les derniers une simple formalité, la considérant comme une belle petite ballade au milieu de la campagne. Pour tous, elles représentent un nouveau cap, une certaine reconnaissance de l'école et de nos cadres... De par cette marche nous allons acquérir le droit de porter sur notre épaule gauche le passant rouge de la 289ème promotion de l'école de Montluçon.

C'est avec enthousiasme que nous partons à travers la campagne. Il est difficile de raconter ce que peuvent ressentir les filles et les garçons d'une compagnie lors d'une marche, le moral de chacun fluctue suivant l'instant et les difficultés de la piste. Le silence se fait un peu plus pesant dans les rangs, chacun prend un peu plus sur soi pour avancer. Chacun se retrouve avec ses propres réflexions. On marche dans la nuit noire, la route se dessinant à peine devant soi. Et c'est dans les derniers kilomètres que la vraie nature de la compagnie apparaît. C'est impressionnant de voir que toutes les facettes de la nature humaine se révèlent présente au sein d'une centaine d'individus. La fatigue est un révélateur de caractères, elle essaye d'en faire craquer plus d'un...
C'est dans ces instants que l'union fait la force. Les plus résistants tentent d'aider leurs camarades en difficultés : certains se montrent solidaire en portant les musettes, les armes, essayant d'alléger le plus possible le fardeau, d'autres s'occupent plus de remonter le moral et l'esprit des plus faibles. «Porter, parler, soutenir physiquement ou moralement son voisin pour avancer et finir ensemble...» Voilà le secret d'une vraie compagnie unie.
Le rassemblement du lendemain matin fut l'occasion d'une petite cérémonie où les passants nous ont été remis des mains de nos cadres. Eux-même les reçurent de nos mains. C'est un certain mélange de fierté et de reconnaissance que nous ressentons alors. Nous nous apercevons que nous confirmons un peu plus notre place au sein de notre formation. La deuxième compagnie allait pouvoir être reconnaissable au sein de l'école. C'est ce qui nous fait être chaque jour un peu plus fier de notre couleur rouge. Nous sommes la 289ème promotion, la seule qui portera ce nombre.
Pas une journée ne passa durant cette semaine sans qu'un objectif soit donné ou présent implicitement. Certes la fatigue se faisait sentir, mais elle disparue au moment même où le soleil apparu le mercredi midi... C'est une nouvelle leçon que la deuxième compagnie reçue ce jour là : le temps joue un rôle des plus prépondérants sur le combattant. Un rayon de soleil fait réapparaître les sourires, redressent les épaules et redonnent du coeur à l'ouvrage. C'est donc avec un certain regain de ferveur et de motivation que nous passons les examens écrits de combat et topographie.

Le jeudi marque donc pour l'ensemble de la compagnie la difficulté de la semaine avec l'examen pratique du combat. Chacun aborde les minutes et heures d'attente avant de passer de diverses façons : certains forment de petits groupes de combat pour progresser et gérer une situation comme nous l'avions appris durant ce début de semaine, d'autres s'assurent de la compréhension d'une mission statique auprès des personnes postées à l'aide de dessins au sol fait avec un bout de bois et posent la même question à toutes ces personnes pour être sûrs et certains de la réponse, pour échanger ensuite de rôle.

Comme nous le disait notre commandant de compagnie, Bourg-Lastic demeurera dans nos mémoires. On y a vécu des bons comme des mauvais moments. Cela nous a tous renforcé même si certains en ont moins conscience. C'est une semaine où l'on aura vécu ensemble. Cette semaine a marqué la fin d'une étape, une petite étape. Nous savons tous que notre formation est loin d'être achevée et que nous avons tout à apprendre de notre métier. La route est encore longue avant le 20 décembre date de notre cérémonie de fin de stage... En attendant les filles et garçons de la 289ème promotion de l'école de gendarmerie de Montluçon continueront de porter haut et fort «seconde de personne».

 

 

 

   

 

 

Accessibilité | Archives | Plan du site | Aide en ligne | FAQ | Liens Retour en haut de page
Copyright école gendarmerie de Montluçon/ Mentions Légales